Les sept repos qui rechargent nos batteries
L’art de ralentir : faire moins pour faire mieux
Lorsque la fatigue se fait sentir, nous cherchons naturellement à retrouver notre énergie. Toutefois, il est essentiel de reconnaître d’abord l’importance fondamentale du repos. Comme tout athlète le sait, un programme d’entraînement ne se limite pas aux performances : le repos en est une composante indispensable.
Or, le sommeil ne suffit pas toujours à recharger nos batteries. La médecin et auteure Saundra Dalton-Smith met de l’avant le fait que nous avons besoin de sept types de repos distincts pour maintenir une vitalité optimale. Chaque type répond à un besoin précis et vient compenser une forme de fatigue particulière :
- Repos physique : c’est le plus connu. Il se pratique passivement (sommeil, sieste) mais aussi activement (étirements, yoga doux, marche). Au travail, adopter une posture ergonomique et varier les positions permet aussi de ménager son corps.
- Repos mental : il contrebalance la surcharge cognitive. Quand l’esprit est saturé d’informations, il a besoin de pauses régulières et de séquences sans multitâche. Planifier des moments de concentration profonde suivis de vraies coupures est une manière intéressante d’y arriver.
- Repos sensoriel : nos sens sont souvent bombardés de stimuli (bruit, écrans, lumières artificielles). Retrouver des moments de silence, réduire l’exposition visuelle et auditive ou s’accorder un temps sans écran permet de calmer le système nerveux.
- Repos émotionnel : Il s'agit de prendre soin de soi sur le plan affectif, en accueillant ses émotions sans les refouler. Cela peut passer par l'expression authentique de ce que l’on ressent, sans jugement ni masque. Ce type de repos s’appuie sur des relations dans lesquelles on se sent en sécurité et libre d’être vulnérable. Des outils comme l’écriture introspective ou les moments de solitude bienveillante permettent aussi de libérer les tensions émotionnelles accumulées.
- Repos social : certaines relations nous drainent, d’autres nous ressourcent. Le repos social consiste à évaluer cette distinction et à privilégier la compagnie de personnes bienveillantes et à accepter que recevoir du soutien est aussi important que d’en donner.
- Repos spirituel : il répond au besoin de sens et d’alignement. Prendre le temps de se reconnecter à ses valeurs profondes et évaluer ce qui est désaligné. S'engager dans une cause, une mission ou à quelque chose de plus grand que soi permet d’apaiser l’âme et de retrouver une forme de paix intérieure.
- Repos créatif : Quand notre imagination et notre capacité d’innovation sont mises de côté, il devient essentiel de nourrir notre esprit avec beauté et inspiration. L'art, la musique, l'écriture ou un moment en nature permettent de raviver notre créativité et de redonner de l'élan à nos idées.
En pratique, comprendre ces sept formes de repos permet de mettre un nom sur le type de fatigue que l’on ressent et d’y répondre plus efficacement. Ce n’est donc pas « perdre du temps », mais apprendre à recharger la bonne batterie au bon moment.
S’auto-évaluer pour mieux équilibrer ses ressources
Un exercice intéressant consiste à faire, chaque jour, un inventaire de ses dépenses d’énergie selon les sept types de repos. L’idée est d’identifier les domaines où l’on puise le plus, afin de mieux comprendre quels « réservoirs » se vident le plus rapidement. À partir de cette prise de conscience, on peut ensuite établir un plan d’action pour rétablir un meilleur équilibre et, surtout, choisir de se reposer de manière adaptée à nos besoins réels plutôt que de continuer à avancer en mode automatique.
L’énergie, une affaire collective
L'énergie : une clé pour la santé et la productivité au travail
La gestion de l’énergie n’est pas qu’une affaire individuelle. Le Baromètre TELUS souligne que la culture d’entreprise est déterminante. Les employé·es qui évoluent dans un environnement de confiance et d’ouverture se disent 76 % plus motivé·es et présentent moins de stress et d’épuisement. À l’inverse, un soutien limité ou une gestion des conflits moins efficace peut affecter le bien-être mental, contribuer à une forme de fatigue accumulée dans les équipes et, à terme, réduire l’engagement au travail.
Le rôle clé des gestionnaires
Les gestionnaires exercent une influence directe sur la capacité des équipes à préserver leurs batteries. Voici quelques leviers faciles à activer :
- Reconnaître les signaux de fatigue et intervenir sans jugement;
- Créer des espaces sécuritaires où parler de santé mentale est normalisé;
- Adapter les soutiens aux réalités différentes (jeunes employé·es plus exposé·es à l’isolement, femmes davantage affectées par les conflits non réglés);
- Agir sur les sources de stress : charge de travail, insécurité financière, précarité d’emploi.
Les employé·es qui se sentent soutenu·es par leur gestionnaire sont non seulement plus productifs, mais aussi plus loyaux à l’organisation.
Pour conclure
L’énergie est une ressource précieuse qu’il faut apprendre à écouter et à régénérer. Cela passe d’abord par la capacité à reconnaître les signes de fatigue et à identifier quel type de repos est réellement nécessaire. Plutôt que de s’épuiser à continuer coûte que coûte, prendre le temps de recharger la bonne « batterie » permet de retrouver un véritable équilibre.
Se reposer adéquatement n’est donc pas une pause inutile, mais un choix intentionnel qui augmente notre niveau d’énergie et nourrit notre vitalité. Pour les individus, c’est une clé de bien-être durable. Pour les organisations, c’est un levier de performance et de rétention des talents.
Pour aller plus loin :
➡️ Santé physique : gérer son énergie pour contrer la fatigue et retrouver la vitalité