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La différence entre le succès et l’échec? La force mentale

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La différence entre le succès et l’échec? La force mentale

Qu'est-ce que le succès? Pourquoi certains réussissent alors que d'autres échouent? L'échec est-il l'opposé du succès ou simplement une étape vers celui-ci? Peut-on déterminer si une personne est plus encline à échouer ou à réussir? Ces questions sont tellement simplistes que cela revient presque à prétendre qu'il y a une recette pour réussir. Si c'était le cas, tout le monde l'appliquerait, ce qui ne semble clairement pas le cas. D'autant plus que le contexte de chaque situation joue forcément un rôle. Pourtant, dans leurs études, Angela Lee Duckworth et Carol Dweck ont déterminé qu'il existe bel et bien des facteurs de réussite identifiables. 

Le QI n’est pas un indicateur valable de la réussite 

Angela Lee Duckworth, alors qu’elle était enseignante au primaire, a rapidement réalisé que le QI n’est pas la seule chose qui différencie les élèves qui réussissent de ceux qui éprouvent des difficultés. En effet, ses élèves les plus doués ne possédaient pas nécessairement le meilleur quotient intellectuel (QI) et vice versa. Elle réalise qu’il est nécessaire de comprendre la réussite de ces jeunes en prenant en considération leur degré de motivation et ce, indépendamment de leur origine sociale, de leur situation financière, etc. Dans le domaine de l’éducation, ce que nous mesurons le mieux est le QI d’une personne, sans prendre en considération ce qu’elle vit au quotidien, à l’extérieur du modèle éducatif.  

Qui a du succès et pourquoi ? 

Après son passage dans l’éducation, Angela Lee Duckworth entreprend des études en psychologie où elle se penche sur la question de plus près : qui a du succès et pourquoi? Son équipe de recherche et elle ont plus largement étudié certains groupes : des étudiants de différents milieux démographiques, des militaires en entraînement et des professionnels en entreprise, afin de savoir qui obtiendrait les meilleurs résultats et pourquoi. Elle a vite réalisé que ce qui permettait à certains de sortir du lot n’avait rien à voir avec le QI, le talent ou autre trait auquel nous pouvons naturellement penser. L’élément différenciateur était la motivation et la persévérance. Oui, la Persévérance avec un grand "P".  

Celles et ceux qui réussissent le mieux travaillent excessivement fort, possèdent des objectifs à long terme, peuvent tout à fait imaginer leur futur, feront tout le nécessaire pour atteindre leurs buts.  

Pour Angela Lee Duckworth, les gens qui obtiennent le plus de succès voient la vie comme un marathon vers leurs objectifs et non comme un sprint.  

Nous pouvons avoir tendance à croire que le succès d’un individu est lié à certains aspects démographiques ou financiers, sa situation familiale, son niveau de revenu ou toute autre caractéristique pouvant avoir une influence sur sa façon d’apprendre. Pourtant, cette étude révèle que ces aspects ne contribuent pratiquement pas au succès d’un individu. Cela est d’autant plus surprenant qu’il existe peu d’études scientifiques ayant analysé la motivation et la persévérance comme étant l’élément différenciateur du succès. C’est aussi un coup porté à ceux qui pensent que l’inné est prépondérant sur tout le reste. 

Le cerveau est un muscle... qu’il faut faire travailler 

Angela Lee Duckworth est d’ailleurs confortée dans son approche par les travaux de Carol Dweck, quelques années auparavant, qui abondent dans le même sens: l'habileté d’apprendre est comme un muscle, elle peut être modifiée. Dans ce cas-ci, c’est en ayant la conviction que l’échec n’est pas une condition permanente que l’on peut prétendre à réussir.  

Encourager la démarche plutôt que l’atteinte de la solution 

Dweck a développé sa recherche dans une école secondaire de Chicago où les élèves ne recevaient pas de note d’échec comme résultat d’un examen, mais plutôt la mention "Not yet" (traduction libre: "pas encore"). Ainsi, au lieu que l’échec soit perçu comme un état définitif, il se transformait en un encouragement à persévérer. Au cours de sa carrière, Dewck a également réalisé une étude où elle propose à des enfants de 10 ans un problème mathématique beaucoup trop difficile à exécuter eux. Elle remarque alors deux comportements distincts : ceux qui s'exclament “J’aime les défis!” et ceux qui perçoivent cela comme un événement catastrophique.  

Les plus enthousiastes ont vite compris qu’ils avaient la possibilité d’apprendre, de se dépasser et de devenir meilleurs. S’il constate que les élèves sont réellement bloqués, le professeur peut d’ailleurs distiller des indices choisis, pour relancer leur intérêt et leur persévérance. Les autres, qui voient le problème complexe comme une épreuve insurmontable, développent des stratégies de contournement (tendance à tricher ou à chercher un élève moins bon qu’eux). En d’autres termes, ces derniers cherchent à s'enfuir lorsque se présente une difficulté. Cela se traduit également par une très faible activité cérébrale, alors que celles et ceux qui persévèrent génèrent une très forte activité du cerveau.  

Carol Dweck apporte également un point un de vue intéressant quant à l’appréciation de la performance: on a trop souvent tendance à récompenser la solution immédiate (qu’elle appelle le now) plutôt que l’amélioration, les efforts vers la solution ou la qualité de la stratégie (qu’elle appelle le yet). Ses études démontrent donc que récompenser le processus plutôt que la solution est ce qui crée chez les candidats étudiés un plus grand engagement, une motivation accrue et une persévérance sur une longue durée lorsqu’ils rencontrent un problème plus complexe à résoudre.  

Rôle de l’encadrement 

Concrètement, c'est au professeur, au parent ou au mentor d'éviter de flatter ("Tu es intelligent pour avoir réussi cet examen"), et plutôt d'encourager ("Tu as sûrement dû travailler fort pour y arriver"). C'est aussi ce qui permet de relativiser l'inné où certains seraient "naturellement" brillants. Or, ce genre d'approche n'apporte pas de soutien à la personne en butte à un problème : si la personne n'y arrive pas, c'est que son intelligence innée ne lui permet pas de le résoudre. Dès lors, à quoi bon continuer ? Cela explique également pourquoi nombre d’enseignants dans les écoles primaires (voire secondaires) québécoises appliquent cette méthode et attribuent des points à un bon raisonnement, même si le résultat final est erroné.  

Adopter le bon état d’esprit pour mettre toutes les chances de son côté 

Nous devons être prêts à échouer et à multiplier les essais si nous souhaitons réellement atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés. Lorsque l’on met son cerveau en position d’apprentissage soutenu sur le long terme et que l’on récompense le processus autant que la solution, les résultats sont impressionnants dans tous les cas étudiés!  

Duckworth et Dweck sont unanimes: c’est la persévérance qui mène au succès. Comment l'appliquer dans notre vie d'adulte de tous les jours? En encourageant l'effort chez nos collaborateurs, mais aussi en changeant notre état d'esprit par rapport à nos propres échecs, cela serait déjà un excellent départ. 

Pour aller plus loin :

Créativité : mettre l'idéation au service de l'organisation

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Source:
Carol Dweck - Conférence TED “The power of believing that you can improve”
Angela Lee Duckworth - Conférence TED “Grit: The power of passion and perseverance”

Photo by Adli Wahid on Unsplash

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