Nous accordons beaucoup d’importance à la performance de celui ou celle qui s’exprime : son aisance, sa posture, son débit, son vocabulaire ou sa capacité à gérer son stress. Tous ces éléments comptent. Mais dans un contexte professionnel, prendre la parole sert rarement uniquement à bien parler. Il faut généralement faire comprendre quelque chose, convaincre ou amener des personnes à agir. En d’autres termes, une présentation peut être parfaitement exécutée et manquer sa cible.
La question à se poser est donc : « Qu’est-ce que mon auditoire retient et qu’est-ce que mon message lui donne envie de faire? » Cette question prend tout son sens lorsqu’on considère qu’au Québec, environ 53 % des personnes âgées de 16 à 65 ans se situent sous le niveau 3 de littératie, selon les données du PEICA 2012. Cela ne signifie pas qu’elles ne savent pas lire, mais plutôt qu’elles peuvent éprouver davantage de difficulté à traiter des textes longs ou complexes et à intégrer plusieurs informations. Pour celui qui prend la parole, le constat est important : rendre un message accessible, hiérarchiser l’information et aller à l’essentiel ne revient pas à appauvrir son propos. C’est une condition pour augmenter ses chances d’être compris.
En bref :
- Une présentation parfaitement exécutée peut tout de même manquer sa cible si l’auditoire ne sait pas quoi faire du message reçu.
- Au Québec, environ 53 % des 16 à 65 ans se situent sous le niveau 3 de littératie (PEICA 2012), ce qui rend la clarté et la hiérarchisation du message essentielles.
- Informer, convaincre et mobiliser sont trois objectifs différents : mobiliser exige d’aller au-delà de la simple transmission d’information.
- Clarifier son message central avant de parler passe par une idée principale, deux ou trois arguments et une phrase résumé simple.
- Adapter son message à son auditoire (ce qu’il sait déjà, ce qui l’intéresse, ce qu’il en retire) augmente les chances de passage à l’action.
Dans cet article :
- Informer, convaincre et mobiliser : trois objectifs différents
- Qu’est-ce que je veux vraiment que mon auditoire retienne?
- Pourquoi votre auditoire devrait-il s’en soucier?
- La mobilisation commence avant de prendre la parole
- Questions fréquentes
Informer, convaincre et mobiliser : trois objectifs différents
Prendre la parole pour mobiliser demande d’aller au-delà de la simple transmission d’information. Un auditoire peut avoir parfaitement compris les faits présentés sans pour autant saisir ce qu’ils signifient pour lui.
Pour susciter l’adhésion et favoriser le passage à l’action, le message doit donc répondre à trois questions essentielles : qu’est-ce que mon auditoire doit retenir, pourquoi devrait-il s’en soucier, qu’est-ce que j’attends de lui maintenant et est-ce que mon objectif de départ était clair? Ces quatre questions peuvent servir de fil conducteur à toute prise de parole mobilisatrice.
Qu’est-ce que je veux vraiment que mon auditoire retienne?
Avant de construire une présentation, nous avons souvent le réflexe de nous demander : « Qu’est-ce que je dois dire? » Essayez plutôt : « Si mon auditoire ne devait retenir qu’une seule chose, ce serait quoi? »
L’exercice peut être étonnamment difficile. Lorsqu’on maîtrise un dossier, tout nous semble important. Le contexte mérite d’être expliqué. Les chiffres doivent être présentés. Les nuances comptent. Les exceptions aussi. On ajoute alors une diapositive, puis une autre, jusqu’à transformer un message relativement simple en une accumulation d’informations. Or, la clarté exige de faire des choix.
Une prise de parole mobilisatrice consiste à hiérarchiser l’information afin de faire émerger ce qui compte réellement.
Avant votre prochaine présentation, essayez donc de compléter cette phrase : « À la fin de mon intervention, je veux que les personnes présentes comprennent que… » Si vous avez besoin d’un paragraphe pour terminer la phrase, votre message central mérite probablement encore un peu de travail.
Pour clarifier votre message avant de prendre la parole, essayez de définir :
- une idée principale que votre auditoire doit absolument retenir;
- deux ou trois arguments qui permettent de la comprendre ou de la soutenir;
- une phrase simple capable de résumer votre message à quelqu’un qui n’était pas dans la salle.
Sans simplifier à outrance un sujet complexe, il faut réussir à donner à votre auditoire un fil conducteur auquel rattacher les différentes informations que vous lui présentez.
Pourquoi votre auditoire devrait-il s’en soucier?
Tout simplement parce que la façon de donner du sens à votre message varie selon ceux qui l’entendent. Avant votre présentation, posez-vous donc trois questions sur votre auditoire :
- Que sait-il déjà sur le sujet?
- Qu’est-ce qui risque de l’intéresser, de l’inquiéter ou de le faire réagir?
- Quel bénéfice concret ou quel changement verra-t-il dans sa propre réalité?
Ces quelques questions obligent à sortir de notre propre perspective. Elles permettent surtout d’éviter une erreur fréquente : préparer une présentation en fonction de ce que nous voulons dire plutôt qu’en fonction de ce que les autres ont besoin d’entendre.
La mobilisation commence avant de prendre la parole
Revenons à cette réunion du début. Votre présentation est terminée, mais cette fois, personne ne quitte la salle en se demandant : « Bon, concrètement, qu’est-ce qu’on est censés faire maintenant? » Apprendre à structurer son message, à capter l’attention, à transmettre ses idées avec conviction et à adapter sa communication à son auditoire permet justement de transformer une prise de parole en véritable levier de mobilisation.
C’est ce que propose la formation Communication : l’art de prendre la parole en public : développer les réflexes nécessaires pour que votre message ne soit pas seulement entendu, mais compris, retenu et suivi d’action.
Questions fréquentes
Une présentation bien exécutée est-elle suffisante pour être efficace?
Non. Une présentation peut être parfaitement livrée sur le plan de la forme (aisance, débit, posture) et tout de même manquer sa cible si l’auditoire ne comprend pas ce qu’il doit en retenir ou en faire.
Pourquoi le niveau de littératie de l’auditoire est-il important à considérer?
Parce qu’une part importante de la population (environ 53 % des 16 à 65 ans au Québec, selon le PEICA 2012) peut avoir davantage de difficulté à traiter des textes longs ou complexes. Rendre le message accessible et hiérarchisé augmente les chances qu’il soit compris.
Quelle est la différence entre informer, convaincre et mobiliser?
Informer consiste à transmettre des faits; convaincre vise à faire accepter une idée; mobiliser va plus loin en amenant l’auditoire à comprendre ce que le message signifie pour lui et à passer à l’action.
Comment définir le message central d’une présentation?
En identifiant une idée principale à retenir, deux ou trois arguments qui la soutiennent, et une phrase simple capable de résumer le message à quelqu’un qui n’était pas présent.