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Développer votre pouvoir d'expression orale en anglais

23 novembre 2021
Rita Tourigny
Améliorez votre anglais oral

Dans un pays qui compte 75% d’anglophones et est bordé au sud par les États-Unis, les chances sont élevées que vous ayez à parler en anglais. Par exemple, lors d’échanges avec des clients, des prestataires ou des collaborateurs. Seul problème : vous bloquez ! Vous cherchez vos mots, vous hésitez, vous bégayez… le stress embarque et les choses empirent. Or il est important de débloquer votre pouvoir d’expression en anglais, car il vous permettra sereinement de converser, de donner votre avis ou de faire une présentation orale, de façon convaincante et d’asseoir votre crédibilité et votre professionnalisme. Si les blocages sont bien réels, les solutions le sont aussi, comme l'explique Rita Tourigny.

Pourquoi bloquez-vous en anglais ?

Bien que vous ayez un minimum de notions en anglais, vous bloquez devant un interlocuteur avec qui vous devez converser… Plusieurs mécanismes entrent en jeu ici.

  • D’abord vous savez que vous allez balbutier, chercher vos mots, faire preuve d’approximations et cela vous met mal à l’aise.
    Conséquence : vous vous auto-censurez. 
  • Ensuite vous avez (consciemment ou non) peur d’échouer et possiblement de vous ridiculiser devant votre auditoire.
    Conséquence : vous vous mettez en retrait.
  • Vous nourrissez (peut-être) votre propre échec en vous disant que de toute façon vous n’y arriverez jamais, vous n’avez jamais été bon en langues, etc.
    Conséquence : vous programmez votre prochain blocage.
  • Ou encore, vous privilégiez une mauvaise approche. Soit vous essayez de trouver le mot juste en français pour le traduire et exprimer votre pensée en anglais ; soit vous attendez d’avoir autant de vocabulaire dans les deux langues pour être sûr d’être assez outillé.
    Conséquence : vous mettez toujours la barre plus haut et retardez encore le moment de participer.

Dans tous les cas, malgré votre relative compréhension, vous ne prenez pas pleinement part à la conversation. C’est comme si le train passait devant vous et que vous n’arriviez pas à le prendre. 

Que faire pour ne pas rester sur le quai ?

D’abord prendre conscience des freins évoqués plus haut. Connaître ses travers permet de les identifier dans son comportement et donc de les corriger.

Ensuite, adoptez le bon état d’esprit :

  • Acceptez l’erreur. C’est la seule façon d’apprendre une langue : votre maîtrise s’améliorera précisément à la suite des corrections que vous apporterez après vous être trompé. Une erreur n’est pas un échec, au contraire c’est une étape franchie vers plus de maîtrise, de fluidité, de précision… de succès.
  • Acceptez de vous faire corriger. Vos interlocuteurs vous veulent du bien. En corrigeant votre choix de mots ou votre prononciation, ils vous ouvrent la voie. Gardez donc votre susceptibilité pour vous et profitez de leurs conseils.

Selon une étude de M. Cobb[1], professeur à l’Université du Québec à Montréal, trois éléments essentiels permettent de maîtriser l’expression orale dans une langue seconde :

  1. Connaître le système d’écriture.
    Si vous n’êtes pas un débutant absolu, vous avez au moins des notions de grammaire et de syntaxe. C’est une première étape de franchie.
  1. Connaître une centaine de mots de base.
    Là aussi, si vous avez un minimum de savoir de base, vous connaissez sans doute plus de cent mots en anglais. Avec ce bagage minimal il est possible de converser. Plus votre base lexicale se développe, plus il devient facile de converser. Voilà une deuxième étape franchie.
  1. Se mettre en situation de communication forcée.
    Le mot d’ordre est de sortir de sa zone de confort et de s’exposer à des situations où l’on peut mettre en pratique, aussi souvent que possible, nos connaissances de la langue pour les bonifier. Pour franchir cette étape vous avez seulement à vous forcer la main vous-même.

Revenons sur ce dernier point :

Le cerveau aime le plaisir et « se souvient mieux » lorsqu’il y a du plaisir associé à l’expérience.  La question à se poser est donc :  Avez-vous autant d’expériences plaisantes en anglais que vous en avez en français ?

Étant donné qu’une langue s’apprend par itération d’essai-erreur, et qu’une erreur corrigée est un succès, pratiquer dans un contexte informel peut vous aider à créer ces expériences plaisantes.

Astuces pour améliorer votre anglais oral

D’abord en privilégiant des contextes non professionnels où la pression sera moins grande. Par exemple :

  • Commander au restaurant en utilisant le côté anglais du menu
  • Échanger en anglais avec des collègues sur des sujets ne concernant pas le travail (les activités prévues en fin de semaine, le dernier film vu, les résultats de la récente partie de hockey, etc.)
  • Choisir l’option d’un service vocal en anglais lorsque vous appelez un organisme ("for service in English, please press 9")
  • Regarder des films en version anglaise avec les sous-titres anglais

Ceci va vous aider à mieux comprendre le contexte des mots et comment les utiliser en situations réelles. Bref, de vous mettre en action.

Lorsqu’on met en contexte des nouveaux mots entendus, cela les rend vivants et favorise la fluidité linguistique. Pensez-y, si votre objectif est d’être autant à l’aise dans votre langue seconde que dans votre langue maternelle. L’aisance vient avec l’usage répété et le plaisir qu’on y prend.

Pratique, Essai, Réussite

Dans son article « Apprendre à parler anglais : c’est le cerveau qui a un accent », Paul John, professeur au Département des langues modernes et de traduction de l’UQTR, a observé les francophones qui apprennent l’anglais. D’après lui « cette mauvaise prononciation ne résulte pas d’une incapacité physique ou mécanique (…). La substitution de certains sons serait plutôt due principalement à une assimilation perceptuelle, faisant en sorte que la lecture et la compréhension des mots anglophones par les apprenants francophones soient erronées. Ce serait donc notre cerveau qui aurait un accent, et non notre langue ». Ces travaux renforcent l’idée que plus on multiplie les expériences, donc les échecs encourageants, plus on maîtrise la nouvelle langue et plus on améliore sa confiance.

Practice makes better.

Conclusion

Les blocages qui empêchent de prendre facilement la parole dans une langue étrangère sont de nature différente : difficulté de prononciation, manque de vocabulaire, anxiété à montrer son manque de maîtrise de l’une et de l’autre, surtout auprès des pairs. En clair, la crainte d’échouer provoque l’échec. D’où l’importance d’inverser la logique d’apprentissage : une erreur c’est un pas de plus vers la réussite ! Pour progresser sereinement sans se mettre à risque professionnellement, il faut simplement se forcer un peu et favoriser les situations dans lesquelles on sera amené à parler anglais, sur des sujets légers. Ainsi, la maitrise des mots et des règles se fait de façon plus ludique et agréable. Petit à petit votre maîtrise et votre assurance en langue seconde vont grandir et les blocages tomberont. Une bonne chose pour votre employabilité actuelle ou pour vous ouvrir de nouvelles opportunités professionnelles, qui sait ?

Pour en savoir plus et déterminer ce qui vous bloque pour améliorer et développer votre pouvoir d’expression orale en anglais :   

Conversation d'affaires : débloquer son pouvoir d’expression orale en anglais

 

[1] (La Presse, 2008)

(Photo de Nick Fewings sur Unsplash)

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