Claude Marson est associé et cofondateur, avec Jean-Marie Desaintquentin et Bernard Sauteur, de Synthèse informatique, cabinet français spécialisé dans les tendances et stratégies en matière de technologies de l’information. M. Marson possède plus de quarante ans d’expérience en informatique. De 1974 à 1994, il a assumé différentes responsabilités au sein du groupe Elf Aquitaine, d’abord à titre d’ingénieur puis de directeur du service des nouvelles technologies. Il a alors assumé la responsabilité du plus vaste projet spécifique réalisé par Elf Aquitaine, soit la mise en place du système de gestion de l’activité lubrifiant, évalué à plus de 70 millions de dollars canadiens.
Depuis 1994, il dirige Production Communication Numérique, société spécialisée dans la conception, la réalisation et l’hébergement de sites Internet transactionnels à forte valeur ajoutée qui compte parmi ses clients des banques virtuelles (Worms, State Street Bank), des sites d’enchère financière (Bloc Trade) et de gestion de patrimoines (Transat Plan, Excelstocks), des places de marché (Paperinstock) et des sites de commerce électronique (Olanet, South Wines). Depuis 1969, il est collaborateur permanent et membre du comité de rédaction de 01 informatique et du Monde Informatique. Au total, il a écrit plus de 3 000 articles pour les principales revues françaises spécialisées en informatique. Auteur de quatre ouvrages consacrés aux réseaux, il est aussi responsable du pôle high-tech chez Eurogroup pour lequel il réalise de nombreuses missions de conseil et d’assistance.
On ne sait plus très bien aujourd’hui ce qu’est un téléphone, tant il est vrai qu’il est devenu autant un ordinateur, qu’un appareil pour s’adresser « oralement » à un interlocuteur. Les « très anciens » se rappelleront sans doute qu’il fut un temps où les téléphones ne servaient qu’à cela… Désormais, on ne parle plus de téléphones, mais de smartphones. En bon français, on parle d’ordiphones.
La grande nouveauté des années 2010 est que ces appareils hébergent désormais de nombreuses applications, qui deviendront avec le temps de plus en plus professionnelles. Il y a d’ailleurs fort à parier que dans le futur, ces applications constitueront le marché de base, celles que l’on paiera; les ordiphones eux-mêmes et la bande passante proposée par les opérateurs devenant annexes, voire gratuites pour l’usager. Ceci d’autant plus que les mobiles emprunteront de plus en plus les chemins d’Internet (téléphonie IP appliquée aux mobiles). Dans ce contexte, la bataille livrée actuellement par la plate-forme Android de Google et l’iPhone d’Apple s’explique avec un éclairage différent.
L’iPhone est incontestablement un beau bijou. Son interface est remarquable, au point que ses usagers se surprennent à « jouer avec » sans véritablement s’en servir ! Fondé sur une technologie multipoint et sur quelques idées innovantes, comme le basculement du mode portrait en mode paysage, l’iPhone séduit et se copie. De nombreux clones existent déjà en Chine, tous conçus d’après le modèle de Steve Jobs.
De son côté Android met fin à une situation fortement embarrassante pour les développeurs d’applications mobiles.
Il y a encore peu de temps, le code applicatif d’une application mobile était dédié à un téléphone donné, car très dépendant des caractéristiques matérielles du téléphone en question. On n’écrivait pas une application pour un mobile générique, mais pour une marque et un modèle bien précis. Ce qui n’avait pas beaucoup de sens.
Avec Android, Google met à la disposition des concepteurs, une plate-forme fondée sur Linux, des quadriciels et des outils de développement. Avec la garantie qu’une application écrite sur cette plate-forme sera exécutable sur n’importe quel ordiphone compatible Android.
Si l’on s’en souvient bien, c’est un peu ce qui s’est passé avec la révolution Internet; les développeurs fabriquaient des applications dont la partie cliente était un fureteur, sans se préoccuper de la marque de l’ordinateur ou de l’identité du système d’exploitation qui l’hébergeait.
Nous allons donc désormais fonctionner de manière générique, à charge pour les fabricants d’ordiphones d’implanter dans leurs matériels les composants de la plate-forme Android.
De ce point de vue, c’est une révolution.
Les places de marché occupées, ne sont pour l’instant que des catalogues d’applications plus ou moins ludiques. À quelques exceptions près, on est encore loin de trouver un module de comptabilité, de paie ou de gestion budgétaire prévisionnelle.
Par contre, on pourra télécharger un module qui permettra de transformer l’iPhone en pseudo révolver pour faire des « pan pan» virtuels, sans avoir l’espoir de bouleverser les responsables d’entreprises...
Les véritables applications professionnelles viendront plus tard, complémentaires de leurs homologues traditionnelles, avec lesquelles elles se synchroniseront ou se substitueront.
Du point de vue du développement, l’iPhone traîne avec lui une réputation de système fermé, voulue par Steve Jobs, avec impossibilité de « fabriquer » des applicatifs librement en dehors du contexte mis en place par Apple. Heureusement ce carcan est en train de s’assouplir, pour la plus grande joie des usagers qui auront ainsi l’espoir de bénéficier sur leur « bijou » des mêmes applications professionnelles que pour Android.
Finalement, êtes-vous iPhone ou Android ?

Les notions de cet article sont traitées dans le séminaire: Intégration de la mobilité dans le système d'information (TI112).
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