28 septembre 2010

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Technologies de l'information

Les PME et la virtualisation : besoin d’affaires ou « trip technologique » ?

Virtualisation de serveurs, virtualisation d’applications, virtualisation des postes de travail, virtualisation du stockage centralisé… qu’est-ce qu’on ne virtualise pas encore aujourd’hui ?

Il est vrai que le concept de « virtualisation » est utilisé massivement depuis quelques années dans le domaine des technologies de l’information. Il couvre un ensemble de réalités techniques assez distinctes les unes des autres, mais ayant en commun la « dissociation » de 2 éléments normalement interreliés dans une relation « contenant-contenu ». Par exemple, il est possible de dissocier un système d’exploitation et la plateforme matérielle (virtualisation de serveurs, VMware ESX, Microsoft Hyper-V, Citrix XenServer, etc.), ou une application et le système d’exploitation (VMware ThinApp, Microsoft App-V, Citrix XenApp, etc.), ou encore les volumes logiques et les disques physiques au sein d’un système de stockage centralisé (SAN).

La virtualisation consiste à encapsuler un élément afin de le rendre plus portable à travers les systèmes « contenants », générant habituellement une légère consommation de ressources, mais apportant un important bénéfice en termes de facilité de gestion, de portabilité, et de recouvrement. Ceci peut donc profiter tant à la grosse entreprise qu’à la PME qui nécessite souvent de « faire plus avec moins ».

La virtualisation apporte-t-elle vraiment des bénéfices aux PME ou est-ce seulement pour satisfaire l’ego technologique du Responsable TI ?

Il est de bon ton aujourd’hui d’avoir à son CV une réalisation dans un projet de virtualisation, c’est vrai, mais les bénéfices sont très nombreux, même pour les PME. On dénombre entre autres :

  • Les possibilités de consolidation : de nombreuses entreprises maintiennent des serveurs dont l’usage des ressources n’est guère au-delà de quelques pour cent d’utilisation processeur, mais l’application doit être maintenue pour des raisons légales (par exemple un ancien système comptable). Également, beaucoup de concepteurs ou éditeurs d’applications souhaitent ou exigent que leur application dispose d’un serveur dédié. Si l’application n’est installée que pour un petit service comptant 5-10 utilisateurs et peut-être moins, c’est donc un serveur complet qu’il faut leur dédier. Dédier une machine virtuelle (VM) plutôt qu’un serveur physique, non seulement allégera le coût de mise en place mais également la charge de gestion de l’application.
  • La grande facilité de déploiement : une fois l’environnement informatique virtualisé, la mise en place d’un nouveau serveur est une affaire de minutes et non plus de jours. L’équipe TI sera donc plus réactive aux besoins d’affaires de votre entreprise, lors de la mise en place d’une nouvelle application métier. Attention cependant, l’achat des licences logicielles pour vos systèmes d’exploitation et vos applications reste indispensable.
  • La souplesse de gestion : dépendamment des technologies de virtualisations utilisées, l’administrateur TI pourra migrer facilement et rapidement une ou plusieurs VM depuis un hôte physique vers un second, afin de procéder à des tâches de maintenance tels l’ajout de composantes ou le remplacement de pièces défectueuses. Et ceci, avec des interruptions de services très courtes, ou même sans aucune interruption de service pour les processus d’affaires de l’entreprise; un atout pour l’entreprise qui doit fonctionner sur des horaires étendus.
  • La haute disponibilité : si le projet intègre un système de stockage centralisé, les machines virtuelles peuvent être configurées en haute disponibilité (c'est-à-dire en redémarrage automatique en cas de panne de l’hôte hébergeur) voire même en très haute disponibilité (une seconde VM active de type « hot stand-by » s’exécutant sur un second hôte mais sans connexion active). Le statut de PME ne dispense pas d’avoir des systèmes fonctionnels 24 h sur 24, même si les budgets consacrés sont naturellement inférieurs à ceux des gros organismes.
  • La simplification du processus de relève : une VM est un ensemble de fichiers, et à ce titre peut donc être copiée, répliquée, transportée, très facilement sur un autre hôte physique. D’autre part, la couche de virtualisation fera en sorte qu’une VM hébergée nativement sur un serveur à processeur Intel pourrait en relève être placée sur un « chipset » AMD. La relève d’un serveur est donc grandement facilitée, préoccupation critique pour une PME qui ne dispose pas (et ne disposera probablement jamais) d’un environnement à site redondant actif.
  • Enfin, les économies réalisées : un projet de virtualisation des infrastructures serveurs a généralement un retour sur investissement inférieur à 18 mois. Plus le nombre de serveurs est important et plus ils sont anciens, plus rapide sera le ROI.

VMware, Microsoft, Citrix/Xen … quelle est la meilleure solution ?

Les critères de réponses peuvent être tant techniques qu’économiques ou encore « philosophiques ». Dans le cas spécifique de la PME, un point important à considérer est que l’équipe des TI sera généralement composée d’un très petit nombre de techniciens, entre 0 (prise en charge externalisée dans ce cas) et 5. Il est donc important de mettre en place une solution simple de gestion, répandue dans le marché, et bien supportée par l’éditeur. Il est à noter que l’OpenSource, bien que produisant d’excellents produits sur le plan technique, peut s’avérer un risque pour une PME qui devra s’attacher « à tout prix » les services du spécialiste de ladite technologie de niche. Autre élément critique que la PME va considérer, le prix. Attention dans ce cas à bien comparer des « pommes avec des pommes » (bien qu’Apple ne soit pas un grand joueur dans ce marché de la virtualisation). Dans un projet de virtualisation, l’unité de comparaison à considérer est le coût par machine virtuelle (VM) car la densité de consolidation est assez différente entre les technologies.

Mon entreprise est-elle trop petite pour envisager la virtualisation ?

Il est certain qu’une organisation qui ne compte que quelques serveurs n’a pas un retour sur investissement aussi rapide qu’une autre qui disposerait de dizaines de serveurs. Il reste cependant des atouts majeurs même pour la PME ne possédant que quelques serveurs (entre 5 et 10 par exemple), entre autres la possibilité de mettre en place des systèmes à haute ou très haute disponibilité, assurant ainsi une crédibilité d’affaires auprès de vos clients et fournisseurs. Il en est de même pour la capacité de relève : toute organisation qui a été victime d’un sinistre majeur, tel un incendie, sait à quel point la reprise et continuité d’affaires est importante. La relève informatique n’est pas le seul élément à prendre en considération, c’est certain, mais elle reste une pierre angulaire pour beaucoup d’organisations dans la société d’information actuelle.

Ces notions sont d'ailleurs traitées dans le cours suivant :

Gestion d'un environnement virtualisé avec VMware (VM110)

Les PME et la virtualisation : besoin d’affaires ou « trip technologique » ?

© Philippe Brevet, Tous droits réservés.

Philippe Brevet est président d'Edologic, il a exercé en tant que consultant et directeur technique, mais aussi comme formateur et directeur pédagogique dans le domaine des technologies de l’information. Philippe Brevet détient un diplôme de troisième cycle universitaire en informatique et est également titulaire des certifications VMware VCP, Novell CNE, Microsoft MCSE, Cisco CCNA, ainsi que plusieurs compétences techniques de manufacturiers.