14 septembre 2015

Article

Capital humain et gestion

« Si seulement nous savions ce que nous savons, nous serions 3 fois plus rentables! »

Par ces mots, Lewis E. Platt, ex-président du conseil d’administration de Hewlett Packard, constatait avec regret le manque de considération dont l’entreprise semblait faire preuve vis-à-vis de ses connaissances et autres savoir-faire.

Toute entreprise désireuse de maximiser ses performances, et donc sa rentabilité, se doit de gérer au mieux son patrimoine de connaissances, perçu dès lors comme une ressource de premier ordre. La tâche peut paraître ardue : Comment gérer nos connaissances qui sont intangibles, invisibles ? Quelles sont-elles ? Où sont-elles ? Sont-elles critiques et pourquoi ? La difficulté tient au fait que plus de 70% de ce patrimoine de connaissances est tacite, ce qui signifie qu’il est ancré dans la mémoire des salariés, mais qu’il n’est pas accessible en tant que tel.

Nous sommes à l’ère du Savoir : Les entreprises prennent conscience de la nécessité de développer des stratégies pour capitaliser sur ces connaissances vitales détenues par leurs employés. Les organisations désireuses de faire fructifier ce patrimoine doivent donc identifier et analyser les différents domaines de connaissances qui le composent afin de déterminer, dans leur stratégie, quelles sont les connaissances qu’elles doivent pérenniser, développer, partager ou abandonner.

Dans la même veine, une analyse fine de ce capital cognitif permettra d’assouvir un besoin fondamental : celui de l’innovation. La gestion des connaissances est, sans conteste, un des leviers de la créativité : il y a, non pas création pure, spontanée ou dictée par des contraintes uniquement externes, mais plutôt évolution des idées, et ce, par assimilation, accommodation, mutation. Cette évolution des idées se fait à l’intérieur de l’entreprise à partir de son « patrimoine génétique », qui est constitué notamment, de son patrimoine de connaissances.

Une bonne compréhension du patrimoine intellectuel de l’entreprise et de son environnement favorise donc l’émergence de nouvelles idées car ce sont les connaissances existantes qui conditionnent les idées futures et amènent ainsi à l’innovation.

La cartographie des connaissances critiques, destinée à identifier et à évaluer les domaines de connaissances de l’organisation est abordée lors de la formation « Introduction à la gestion des connaissances » (GE326F).

Bruno Rousseau a fondé la compagnie Kadrant spécialisée en gestion des connaissances en 2003. Il utilise principalement des méthodes d’ingénierie des connaissances destinées d’une part, à identifier et à évaluer les domaines de connaissances de l’organisation et, d’autre part, à expliciter et à formaliser les connaissances tacites. Au Québec, Bruno a notamment travaillé pour l’Institut de recherche d’Hydro-Québec, Hydro-Québec et Bombardier aéronautique. Il intervient parallèlement dans le cours de gestion des connaissances dispensé à la Faculté de Génie de l’Université de Sherbrooke.