8 décembre 2014

Article

Capital humain et gestion

« Merci, mais je préfère rester stressé »

L’autre jour, je parlais à ma voisine d’en face qui me racontait comment s’était passé son examen pratique de moto. « Ça a bien été, Sylvie, et j’ai réussi… sauf que je me suis compliqué la vie! » Et la voilà qui me raconte comment, tout au long de son examen, elle s’était mise sans s’en rendre compte en 2e vitesse et elle ne comprenait pas pourquoi c’était si difficile! Inutile de vous dire qu’on a bien ri, toutes les deux.

Quelquefois, avec le stress, c’est pareil! On s’en veut d’être stressé et on essaye de le gérer par toutes sortes de moyens. Sauf qu’inconsciemment, on préfère rester stressé parce que ça répond à un besoin. En surface, on travaille très fort sur soi et, alors qu'en profondeur, on sabote les efforts en maintenant le stress. On se complique la vie sans s’en rendre compte!

Comprendre pourquoi on entretient notre stress même quand on n’en peut plus!

Si vous êtes comme moi, la question qui vient, c’est : mais à quel besoin est-ce que ça peut bien répondre ? Pensez-y : quels sont les avantages pour vous d’être stressé ?

Lorsque j’ai posé la question à une de mes clientes (appelons-la Jennifer), elle m’a spontanément répondu que ma question n’avait pas de sens. « Au contraire, Sylvie, j’ai tout à perdre : ma santé, ma qualité de vie, ma performance au travail, etc. » Puis tout d’un coup, son visage s’est éclairé : « Je sais ce que j’ai peur de perdre, j’ai peur que mon chum ne s’occupe plus de moi! » Et voilà!  

Lorsque son mari la sentait stressée, il la rassurait et s’occupait d’elle. Il était plus présent. Il répondait ainsi à son besoin de sécurité. C’est cette dynamique relationnelle qui s’était installée entre eux.

Les experts s’entendent pour dire que, lorsqu’un comportement répond à un besoin à environ 15 %, nous maintenons inconsciemment le comportement même s’il est néfaste pour nous.

Consciemment, ma cliente voulait vraiment devenir calme et sereine. Inconsciemment, elle se maintenait en état de stress pour que son mari s’implique au niveau relationnel. Dans mon domaine, c’est ce qu’on appelle les gains secondaires, c’est-à-dire les bénéfices inconscients à garder un comportement qui ne nous plaît pas.

La solution consiste donc à identifier ces fameux gains secondaires, les avantages que vous avez à rester stressé, et à trouver une façon de satisfaire ce besoin d’une manière plus « écologique » pour vous.

Par exemple, pour Jennifer il s’agissait de trouver comment ses besoins relationnels avec son mari seraient comblés sans avoir à être stressée. Une fois la réponse trouvée, Jennifer a pu être calme, sereine ET avoir une relation satisfaisante avec son mari.

Voici d’autres exemples de gains secondaires à rester stressé :

  • Si je suis stressé, on ne me donnera pas d’autre chose à faire!
  • Si je suis stressé, on va me laisser tranquille!
  • Si j’imagine le pire, ça n’arrivera pas! (Superstition)

Voici la marche à suivre pour aller de l’avant :


Nommer le « vrai problème » :

  • Quel(s) avantage(s) avez-vous à rester stressé?
  • Qu’avez-vous à perdre en devenant calme et serein?
  • Qu’est-ce qui sera différent? Avantages et désavantages compris ?

Trucs :

  • Imaginez votre vie si le problème n’était plus là
  • Prêtez attention aux « oui, mais… »

Se poser des questions axées sur les solutions :

  • Qu’est-ce qui manque pour conserver le même avantage SANS le stress ?
  • De quoi avez-vous besoin pour conserver le même avantage SANS le stress ?

Cette approche s’appelle l’approche solution : identifier le « vrai » problème puis poser les bonnes questions qui permettent de nommer ce qui bloque et avancer!

Vous souhaitez apprendre à mieux gérer votre stress ? Retrouvez-moi lors de la formation « Gestion du stress » (CH117) chez Technologia.

Sylvie Boisvert est formée en gestion du stress et des émotions auprès du HeartMath Institute en Californie et possède une formation en administration des affaires et en coaching d’affaires. De plus, elle est coach professionnelle certifié en programmation neuro linguistique (PNL), et termine présentement le cursus d’enseignante certifiée en PNL. Coach certifiée associée de la Fédération internationale des coachs et de la Fédération internationale des coachs du Québec, elle est aussi membre de l’Association Ritma. Sylvie combine plus de 25 ans de développement personnel et professionnel.