31 mars 2014

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Capital humain et gestion

Des « chevals » trottent dans le pré de la nouvelle orthographe

Ah, ce qu’ils sont robustes, ces « chevals »! Ah, ce qu’on aime les détester, avec leur graphie barbare, si près de nos instincts « animals »! Comme symboles de la nouvelle orthographe, ils piaffent et hennissent très, très fort. Quand on pense « nouvelle orthographe », c’est souvent la première idée qui nous vient en tête. Certains y croient tellement qu’ils l’enseignent et la défendent.

Mais qui, enfin, mettra le holà à cette monstruosité ? Et si nous étions au cœur d’une légende plutôt que dans la réalité ?

Les origines de cette croyance

Mythe d’une ténacité incroyable, le pluriel de cheval n’a pourtant été entériné par AUCUNE instance francophone compétente. Vous pourrez lire à ce sujet l’article « La légende des chevals » dans les guides d’Antidote. On y retrace toutes les hypothèses possibles de son éclosion, la première remontant aussi loin que 1980.

Selon l’une des hypothèses, les « chevals » seraient une création de la réforme de l’orthographe. Proposé en France en 1990 par le Conseil supérieur de la langue française, ce projet avait certes soulevé des débats passionnés à l’époque, mais le pluriel des mots en –al n’a jamais été touché par les rectifications en question.

L’avenir de la nouvelle orthographe

Ouf! Je sens votre soulagement ici. Mais que reste-t-il donc de la nouvelle orthographe ? Est-elle, elle aussi, un mythe ?

Eh non! Du haut de ses 24 ans, elle progresse lentement mais sûrement dans la compétition qui l’oppose à l’orthographe traditionnelle, cherchant la faveur des scripteurs. Car, conformément à la décision de l’Académie française, elles concourent, l’une et l’autre : « Aucune des deux graphies, ni l’ancienne ni la nouvelle, ne peut être tenue pour fautive ». Et c’en fut ainsi, au cours de l’histoire du français, où de multiples orthographes et de nombreuses réformes sont apparues afin de s’ajuster à l’évolution de notre langue.

2 000 mots touchés par la réforme de la nouvelle orthographe

Non seulement trouverez-vous sur le site orthographe-recommandee.info la liste complète des quelque 2 000 mots touchés par cette réforme, mais aussi les dix règles qui sous-tendent ses principaux changements. Parmi elles, rappelons la disparition de l’accent circonflexe sur les voyelles « i » et « u », comme dans ile, cout, flute. Une autre règle, plus populaire celle-là, consiste à relier par des traits d’union tous les numéraux composés, ce qui donne vingt-et-un, deux-cents, un-million-cent, trente-et-unième.

Sachez qu’Antidote aussi répertorie l’ensemble des mots touchés. De plus, son utilisateur a le choix d’imposer la nouvelle orthographe (dite « recommandée »), l’orthographe traditionnelle, ou encore il peut accepter indifféremment les deux orthographes (le choix se fait dans la fenêtre des réglages linguistiques).

Simplification : mission accomplie ?

Sachant que cette nouvelle orthographe visait avant tout la suppression des anomalies, des exceptions ou des irrégularités, nous sommes en droit de nous demander, après l’examen attentif des changements qu’elle propose, si elle a réellement atteint son objectif de simplification, notamment lorsqu’il s’agit du pluriel des noms composés. Chose certaine, la nouvelle orthographe aura très certainement réussi ceci : provoquer l’émoi, les débats et les passions chez tous les francophiles de ce monde.

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Geneviève Bibeau est linguiste de formation, rédactrice-réviseure de métier et formatrice depuis près de dix ans. Son leitmotiv : donner aux gens la confiance et les outils nécessaires pour écrire en français. Exerçant le métier de rédactrice-réviseure dans une agence de marketing, elle continue de transmettre sa passion. Sa capacité de vulgarisation, son esprit de synthèse et ses connaissances du domaine des communications sont au cœur des différentes formations en rédaction qu’elle offre chez Technologia.