15 mai 2017

Article

Capital humain et gestion

La communication, une source de stress?

Dites-moi, sur une échelle de 1 à 10, quel est votre niveau d’aisance : pour demander à une personne de répondre à vos besoins? Pour décliner une demande? Pour négocier votre salaire? Ou encore pour donner une rétroaction négative?

Ressentez-vous de l’inconfort? Eh bien, vous n’êtes pas seul! La première source de stress reconnue par les experts concerne la communication. Pourquoi en est-il ainsi, selon vous?

Voici les principales réponses des participants à mes cours :

  • Nous craignons que nos paroles ne soient pas perçues comme nous l’avons voulu;
  • Nous ne savons pas comment bien dire ce que nous voulons dire;
  • Nous craignons la réaction de l’autre, et aussi de ne pas savoir comment réagir.

La peur du rejet à l’origine du stress de communiquer

Saviez-vous que la communication est le principal moyen de survie chez l’être humain? En effet, nous n’avons pas les capacités physiologiques pour survivre comme l’ont les animaux. Nous devons donc compter sur notre capacité à nous exprimer et à influencer les autres pour que nos besoins soient satisfaits. C’est pourquoi nous sommes tellement terrifiés par le rejet que pourraient entraîner nos communications.

La gestion des conflits et des malaises : un apprentissage

Revenons aux raisons qui génèrent de l’inconfort en communication. En plus de celles-ci, êtes-vous d’accord avec moi pour dire que bien souvent nous ne savons pas nous-mêmes ce que nous ressentons? On ne se comprend pas soi-même! Et même si nous comprenons nos émotions, trop souvent nous ne savons pas comment bien les exprimer (c’est-à-dire en nous respectant et en respectant les autres) ou nous n’osons tout simplement pas.

Comment voulez-vous que nous fassions comprendre à d’autres personnes nos émotions si nous ne les comprenons pas nous-mêmes? Le fait est que nous avons appris à parler, mais que nous avons pour la plupart très peu appris à bien communiquer.

J’irai encore plus loin : nous n’avons pas appris comment gérer les malaises ou les conflits. Inconsciemment, nous nous croisons les doigts en espérant qu’ils n’auront pas lieu, et pourtant ils sont inévitables. Nous pouvons même avoir des conflits avec nous-mêmes!

Voici comment plusieurs d’entre nous réagissent lorsque les conflits surviennent :

  • Nous attendons qu’ils disparaissent d’eux-mêmes. Avez-vous déjà entendu le dicton « Tout ce qui traîne se salit »?
  • Nous ne disons rien et notre mécontentement se manifeste dans notre langage non verbal (voix, mots, gestes).
  • Nous faisons comme si ce n’était pas grave. Nous banalisons l’événement en tentant de nous raisonner, mais notre cœur sait qu’il y a quelque chose à régler.
  • Nous passons des messages subtils qui, s’ils ne sont pas compris, génèrent encore plus de frustration, et ce, autant pour l’autre que pour nous.
  • Ou encore, ça sort « tout croche » et ensuite nous le regrettons.
  • Vous aurez compris que chacune de ces solutions génère un mauvais stress parce qu’elles sont mal adaptées aux situations.

Les clés d’une communication sans stress

Voici les facteurs clés de succès pour des communications efficaces et productives :

  • D’abord, il est essentiel que nous nous comprenions nous-mêmes pour pouvoir dire ce que nous pensons, exprimer nos besoins et nos demandes en nous respectant.
  • Puis, nous devons écouter l’autre avec respect.
  • Finalement, selon les situations, il faudra faire part de nos demandes, mettre nos limites ou négocier un terrain d’entente qui satisfait les deux parties.

Je vous recommande en premier lieu de préparer votre communication. Déjà, cette préparation réduira votre stress, car vous serez dans l’action tout en ayant un certain contrôle sur la situation.

En second lieu, centrez-vous mentalement et émotionnellement. Assurez-vous que votre intention ne vient pas de votre ego (donc de l’orgueil ou de la peur), mais qu’elle est bienveillante et axée sur la solution d’une situation conflictuelle pour un bénéfice mutuel.

Une fois que vous êtes dans cet état d’esprit, voici une démarche inspirée de la communication non violente (CNV) de Marshall Rosenberg.

      1. Établissez les faits que vous voulez aborder et SURTOUT ne laissez pas place à l’interprétation ni au jugement. Comme un avocat, établissez les faits, juste les faits.
      2. Définissez vos émotions (en parlant au « Je ») et les besoins non satisfaits reliés à cette émotion.
      3. Formulez votre demande en termes de résultats.
      4. Validez avec l’autre les faits et sa compréhension de votre demande, puis écoutez sincèrement ce qu’il a à dire sur le sujet.
      5. Négociez ensemble les moyens mutuellement satisfaisants qui vous permettront d’en arriver au résultat voulu.

Cette méthode est décrite comme « non violente » parce qu’elle ne porte aucune accusation et ouvre la porte au dialogue menant vers des solutions « gagnant-gagnant », dans le respect des opinions et des besoins de chacun.

Cette façon de communiquer aura comme effet non seulement de diminuer votre stress, mais aussi d’augmenter votre plaisir à communiquer afin de mieux satisfaire vos besoins. Alors, je suis curieuse, par où déciderez-vous de commencer?

Vous souhaitez en apprendre plus sur le sujet ? Retrouvez-moi lors de la formation « Gestion du stress » (CH117) offerte chez Technologia.

Sylvie Boisvert est formée en gestion du stress et des émotions auprès du HeartMath Institute en Californie, elle possède une formation en administration des affaires et en coaching d’affaires. Sylvie est également coach professionnelle et enseignante certifiée en programmation neuro linguistique (PNL). Coach certifiée associée de la Fédération internationale des coachs et de la Fédération internationale des coachs du Québec, elle est aussi membre de l’Association Ritma. Sylvie combine plus de 25 ans de développement personnel et professionnel.