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3 septembre 2019

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Technologies de l'information

L’intelligence artificielle (IA), du buzz à la réalité – Entrevue avec Hugues Foltz, formateur en IA chez Technologia

Bonjour Hugues, Peux-tu te présenter brièvement? Qu’est-ce qui t’a amené vers l’IA?

Je suis vice-président stratégie et industrie 4.0 chez Vooban. Firme de développement en intelligence artificielle à la croissance la plus fulgurante de la ville de Québec, Vooban est à l’avant-garde des technologies de rupture, recourant, entre autres, à l’IA et à l’apprentissage machine pour offrir des solutions de pointe dans toutes sortes de domaines. Je suis passionné depuis toujours par les nouvelles technologies, cela a toujours été dans mon ADN. À 22 ans, j’ai d’ailleurs créé ma propre entreprise en formation en ligne, Ellicom, notre but était de mettre les technologies au service de la pédagogie. Pendant 14 ans, j’ai dirigé Ellicom et je me suis entouré de joueurs clés des milieux de la formation et des technologies dans le but de devenir le leader canadien de la formation en ligne. Ensuite, j’ai été recruté par Optel, chef de file mondial en solutions de traçabilité et de sérialisation, pour exercer le rôle de vice-président des Services professionnels et de l’Innovation. Dans les rangs d’Optel, j’ai mis en place une équipe aguerrie d’experts de l’IA et de l’industrie 4.0 pour créer et offrir de nouveaux services à la clientèle du groupe. Aujourd’hui, avec notre équipe chez Vooban, nous réalisons des projets qui changent littéralement la réalité d’affaires de nos clients et la façon dont ils intègrent les technologies dans le futur de leur entreprise.

En 2018, on comptait 650 jeunes entreprises canadiennes recourant à l’IA. Toutefois, on remarque une véritable désillusion ou déception aujourd’hui, comment l’expliques-tu? Selon toi, l’IA était une simple tendance technologique ou un changement profond?

Je pense qu’il s’agit d’un changement profond qui est en marche dans toute l’industrie et cela ne va que s’accélérer. Selon moi, la désillusion que l’on connait dans de nombreuses industries est plutôt une prise de conscience sur le fait que l’IA n’est pas une solution magique à tous les problèmes d’une entreprise, mais bien un outil dans une démarche de transformation digitale.

Comment réconcilier le monde de la recherche et le monde des affaires?

Je crois que le « clash » entre eux tend à disparaître. Alors que les centres de recherche tels que le CRDM, le MILA ou l’IVADO sont spécialisés dans la recherche fondamentale, des entreprises comme Vooban font de l’IA appliquée. Je considère donc que le monde de la recherche et le monde des affaires sont en fait très complémentaires.

Le data engineering, la clé du succès d’un projet d’IA?

Le data engineering consiste à organiser, à structurer, à épurer et à préparer les données. En effet, c’est une étape essentielle dans un projet d’IA mais ce n’est pas la seule clé du succès.

Voici quelques clés pour réussir son projet d’IA :

  • S’assurer d’avoir les sources et la quantité de données nécessaires : plus on a de sources de données, mieux c’est! La quantité de données est cruciale pour alimenter un algorithme et avoir des prédictions précises.
  • Choisir et utiliser la bonne méthode d’IA entre le deep learning et le machine learning
  • Laisser le temps d’entrainement : l’algorithme apprend lorsqu’il fait face à des événements particuliers, cela prend du temps, il faut le laisser « rouler » et réajuster en conséquence.
  • Avoir une personne au sein de l’entreprise qui comprenne le concept de data-driven company, il s’agit d’une entreprise dont les décisions sont prises à partir de données et de faits.

Est-ce que l’IA n’est pas réservé uniquement aux géants du numérique comme Facebook, Microsoft, Google, Thales SA et Samsung (qui ouvrent leurs propres centres d’expertise en IA) ?

Non, je ne pense pas que l’IA soit réservée aux grandes entreprises uniquement. Néanmoins, toute entreprise n’est pas prête à intégrer de l’IA, il faut une certaine maturité technologique et que l’entreprise soit passée à travers de nombreuses étapes avant cela. Selon moi, l’IA est une technologie formidable pour mettre à profit les données d’une entreprise, automatiser des processus et des tâches à non-valeur ajoutée et optimiser toute la chaîne d’approvisionnement d’une entreprise.

Malheureusement, les entreprises canadiennes ne sont pas en avance dans l’intégration des nouvelles technologies. Je pense que les entreprises et organisations devraient d’abord s’attaquer à la transformation digitale qui comprend un « coffre à outils » dont l’IA fait partie. Il faut s’assurer de répondre à un besoin de l’entreprise et l’IA n’est pas la solution à toutes les problématiques. Par exemple, chez Vooban un projet sur 5 utilise l’IA dans ses premières phases. On parle de l’IA comme le Saint-Graal alors qu’il y a quelques années, c’était le Big Data. ll est important de garder en tête que la statistique traditionnelle existe toujours et qu’elle permet de faire de belles choses.

Même les entreprises de petite taille peuvent acheter des algorithmes sur Internet et s’en servir pour améliorer leurs processus internes. Par exemple, nous avons un client, une PME québécoise de 10 employés qui avait pour objectif de devenir une entreprise sans papier. On a implanté chez eux un algorithme de type Optical Corrector Recognition qui permet de lire des PDF pour en extraire des données et les intégrer directement dans leur ERP et leur système comptable. Le gain de temps en termes de traitement des documents administratifs (comme les factures) est énorme et la productivité de tous les processus associés fut impactée positivement.

Est-ce que l’IA est au bénéfice de tous? Les robots ne vont-ils pas remplacer des employés justement?

Il est certain que l’IA et l’automatisation vont remplacer certains emplois notamment ceux dits répétitifs, peu qualifiés ou des tâches à non-valeur ajoutée mais elle va créer encore plus de nouveaux emplois. On compare souvent l’IA à l’invention de l’électricité, cela a révolutionné les transports, l’agriculture, les façons de faire, l’alimentation et c’est ce qui est en train de se passer avec l’IA.

Éthicien de l'intelligence artificielle, hygiéniste de données, éducateur de robots : voilà quelques-uns des métiers du futur, on va changer plusieurs fois de métiers durant notre carrière, penses-tu que la formation continue puisse permettre cette reconversion professionnelle?

Les formations qui vont mener à ces nouveaux rôles seront développées pour beaucoup directement au sein des entreprises par la mise en place de projets d’IA donc dans la pratique. Je ne pense pas qu’on puisse enseigner ces nouveaux métiers à l’université, du moins pas pour l’instant. Les employés qui ont suivi un cursus universitaire en informatique, en TI ou ingénierie, vont ensuite apprendre sur le terrain l’IA. Pour les autres profils ou métiers, une formation de base sur les fondements de l’IA serait suffisante pour bien comprendre les impacts, mais surtout le potentiel de l’IA dans l’entreprise.

Le Canada, un concurrent sérieux face à la Silicon Valley en termes d’IA?

En effet, à cause ou grâce à la politique d’immigration restrictive américaine, de nombreux cerveaux étrangers (notamment en IA) viennent étudier au Canada au lieu des États-Unis. Toutefois, il ne faut pas se leurrer, une fois leur diplôme en poche, ces chercheurs travaillent pour des entreprises étrangères installées au Québec. Je trouve qu’au départ, il y a toujours eu un déni quant à l’adoption de ces technologies de pointe au Canada. En effet, deux océans nous entourent, d’un côté il y a l’Europe et de l’autre l’Asie, qui sont largement en avance sur le plan technologique. Les pays asiatiques ont plus ou moins 15 ans d’avance sur nous et certains pays d’Europe un bon 10 ans! Jusqu’à tout récemment, je crois que nous nous reposions sur notre voisin, les États-Unis, et que nous avions en quelque sorte des œillères par rapport à ce qu’il se passe dans le reste du monde en termes d’intégration des nouvelles technologies et d’IA. Si les entreprises québécoises n’adoptent pas l’IA et n’amorcent pas rapidement leur transformation digitale, elles risquent fort de faire face à des entreprises étrangères qui débarqueront chez nous et qui changeront les règles du jeux, peut-être même au point de mettre en péril leur entreprise.

Peux-tu nous parler du système de suivi des doigts de Google qui peut capter et interpréter les signes des mains en temps réel grâce à la caméra d’un téléphone intelligent?

Oui, cette technologie est une belle invention et elle est très médiatisée car elle touche le grand public, imaginez pouvoir communiquer avec les muets, sourds et mal entendants sans avoir à apprendre le langage des signes. Toutefois, il y a de magnifiques technologies et avancements technologiques qui se font tous les jours et dont on entend trop peu parler. À titre d’exemple, on retarde l’arrivée des voitures autonomes par crainte de l’intelligence artificielle et pour des questions d’éthique. Pourtant, je suis d’avis qu’il y aura une baisse drastique des accidents d’autos avec l’arrivée des voitures intelligentes (par exemple, il n’y aura plus d’accidents liés aux textos, à l’alcool et aux drogues au volant).

Enfin, pour comprendre comment utiliser vos données à bon escient et ce que l’IA peut faire concrètement pour votre organisation, je vous invite à vous inscrire à ma formation destinée aux gestionnaires « L’intelligence artificielle au service de vos objectifs d’affaires ».

Hugues Foltz est vice-président Stratégie chez Vooban. Firme de développement en intelligence artificielle à la croissance la plus fulgurante de la ville de Québec, Vooban est à l’avant-garde des technologies de rupture, recourant, entre autres, à l’IA et à l’apprentissage machine pour offrir des solutions de pointe dans toutes sortes de domaines. Hugues Foltz est le fondateur d’Ellicom, une entreprise qu’il a démarrée en 2002 et dirigée pendant 14 ans. De 2002 à 2016, il s’est entouré de joueurs clés des milieux de la formation et des technologies dans le but de devenir le leader canadien de la formation en ligne. Il a passé près de deux ans comme vice-président des Services professionnels ainsi que de l’Innovation au sein du groupe Optel, chef de file mondial en solutions de traçabilité et de sérialisation. Dans les rangs d’Optel, Hugues Foltz a su assembler une équipe aguerrie d’experts de l’IA et de l’industrie 4.0 pour créer et offrir de nouveaux services à la clientèle du groupe.